Le panthéon des dieux

 

En des temps immémoriaux, bien avant les ères connues des hommes, le monde était sous l’égide d’un panthéon de dieux.
Ils étaient anthropomorphes et possédaient toutes les caractéristiques de l’humanité tant dans sa gloire que dans ses travers. Bref, ils étaient aussi querelleurs que magnanimes, aussi altruistes qu’égocentriques, aussi bons que mauvais. Entre querelles et festoiements, chacun exerçait son pouvoir selon sa sphère.
A l’origine de cette famille divine, il y a Périacan le dieu patriarche et Isthan, déesse dirigeante.

Le dieu patriarche Périacan, prend en charge les communautés dans le sens large du terme. Il apporte  fertilité aux terres et aux femmes. Il est autant dieu de la misère que de l’abondance. Son pouvoir est très étendu car il peut selon son bon vouloir commander aux éléments. Il est largement fêté dans les communautés agraires, lors des semences et des récoltes.
Il est le dieu familial par excellence.

 La déesse Isthan est apparue en même temps que Périacan .Elle est la force dirigeante, divinité des rois et des pouvoirs. Son culte largement élitiste est lui aussi répandu chez les hommes car elle est la reine des dieux.
Entre sagesse lumineuse et furie destructrice, elle souffle aux grands de ce monde le sens du destin humain. Vaniteuse et narcissique elle se laisse rarement attendrir.
Incarnation du beau, elle est aussi à la source de l’inspiration de l’artiste.

L’union de ces deux dieux a donné naissance à Mermée, le dieu hermaphrodite.
Il rayonne sur les plaisirs, charnels et spirituels, le hasard et le libre arbitre. Dieu trublion et largement incontrôlable, il est fêté lors des orgies et des départs en mers. Il est en effet protecteur des marins. L’état liquide est son élément qu’il soit eau, vin ou autre. Il contrôle les jeux et les passions jusqu’aux excès les plus fous.

En s’accouplant avec lui même, il donne naissance aux deux dernière divinités adorées du panthéon :                             
 Aghalis et  Memnos .

 Aghalis la déesse du souffle, donne vie et mort. Elle insuffle le souffle vital et le retire.
Crainte dans les communautés humaines, elle  est aussi célébrée lors des naissances,et par les soigneurs, les guerriers et les croque morts.
Déesse solitaire, elle vit retirée près de la porte du chemin des enfers et guide les âmes soit vers la pénombre, soit vers la lumière.

Enfin le dernier dieu révélé est le dieu des mystères, Memnos  Il a en sa possession les clefs des secrets du monde. Il insuffle aux hommes le désir de connaissance et de vérité mais il use de ce pouvoir avec parcimonie, distillant les savoirs par infimes lambeaux. Il est aussi le dieu de la mémoire et de l’oubli, de la contemplation et de la spiritualité .Condescendant et supérieur, il est surtout célébré par les érudits et les philosophes.

Le Panthéon fut loué par les hommes  pendant des siècles et des siècles. Pourtant un jour l’énergie qui les reliait à leurs disciples disparut subitement. Ne pouvant plus interagir avec le monde, ces dieux furent peu a peu oubliés. Cette  disparition est toujours restée inexpliquée, mais l'on est à peu prés sur que les autorités impériales ont favorisées l'oubli par les hommes de ces divinités.

Durant la période impériale, on n’entendit plus parler d’eux. D’autres dieux s’installèrent, trouvant grâce aux yeux des hommes. Seul Mermée, conservait une affluence notoire chez les pirates des îles canailles sous l’apparence de deux nouveaux dieux, Zilha et Estheron.
Après le Ragnarok, qui sonna le glas des nouveaux dieux, l’expression du pouvoir divin semblait avoir disparu du monde connu.
Pourtant les prêtres de Mermée avaient, eux, conservé quelques pouvoirs. La foi en ce dieu  s’étendit rapidement.

Nombreux furent les hommes à se rattacher à cette croyance. Ils recherchèrent son origine et son histoire et ainsi redécouvrirent toute sa divine généalogie. De nombreuses fouilles archéologiques eurent lieu et permirent aux hommes de redécouvrir d'anciens temples et de vieux écrits qui semblaient dater d'avant l'ère impériale . Ces monuments , sources et preuves corroboraient étrangement des croyances jugées primitives par les prêtres de la Loi , du Chaos et de la Balance , qui étaient toujours pratiquées par certaines tribus isolées .

Dans le même temps , un Oracle se révéla ; elle porta la parole du dernier dieu révélé : Memnos. On peut expliquer le développement de la religion panthéiste par la révélation de cet oracle mais aussi par les preuves et  les recoupements mis à jour par les recherches archéologiques ; la recherche de spiritualité des hommes à cependant également beaucoup comptée . Une question reste toutefois en suspens : comment ont ils survécu à leur Ragnarok ? Plusieurs fidèles émettent l'hypothèse que cette survie s'explique par la puissance supérieure de ces entités . Il n'est pas exclu que d'autres divinités n'aient pas encore été révélées.
 Peu à peu les croyances se diversifièrent et s’étendirent aux autres dieux et déesses du panthéon désormais sortis de l’oubli.

 

Quatre courants de pensée bien distincts émergèrent alors , quatre façons d'interpréter et de percevoir les dieux du panthéon : 

La voie illuministe :

C’est un courant de pensée au dogme rigide. Les adeptes croient en la bonté des dieux, en leur regard positif sur l’humanité. Les prières, les dons et les messes sont très présents dans le rite  illuministe.
Leur volonté est d'établir un clergé puissant et hiérarchisé dans le but d'élever l'humanité . N'ont aucune considération envers les autres formes de spiritualité , qu'ils jugent inférieures .

La voie sombre :

C’est un courant de pensée lui aussi codifié quoique moins rigide que celui des illuministes.
Les adeptes portent sur l’humanité une vision noire. Pour se faire pardonner ses fautes, elle doit se soumettre complètement aux dieux qui sont là pour punir les hommes d'avoir abandonné leurs divinités ( Loi/Chaos/Balance). Ceux-ci  considèrent les hommes comme des créatures faibles et miséreuses. Le seul rachat possible passe par la pénitence et le calvaire.
Les rites sont marqués par les souffrances, physiques ou mentales, et les sacrifices.
Eux aussi souhaitent un clergé fort mais tyrannique , pour exercer un contrôle total sur les fidèles .

La voie libertaire :

C’est le courant de pensée le plus ouvert des quatre voies déjà existantes.
Le clergé  n’est tenu à aucune célébration particulière, le dogme lui est très libre.
Les adeptes pensent que les Dieux portent sur l’homme un regard neutre. Les actions humaines n’ont aucune conséquence divine. Bonnes ou mauvaises, celles- ci ne changent en aucun cas la destinée du monde. Pour eux , chacun des dieux accueillera les âmes qui sont les plus proches de leur nature .
Il n’y a point de chef dans cette façon de croire, seul des sages à qui les adeptes peuvent demander conseil.

La voie polythéiste :

Courant de pensée le plus à part de cette religion : il considère que les Dieux du panthéon ne sont en réalités que cinq divinités , en aucune façon liées entre elles. A ce titre , ils font donc souvent le choix de n'en adorer qu'une seule , sans forcément remettre en cause l'existence des autres. Pour eux , l'adoration d'un seul dieu est une forme de patronage en se plaçant sous la protection directe d'une puissance supérieure, qui l'aidera alors à accomplir sa destinée. Pour eux , le choix d'être prêtre est avant tout personnel , ils sont réfractaires à toute idée d'organisation cléricale , ainsi qu'à toute intrusion de la politique dans les affaires religieuses et inversement . 



 

 

 
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