CHRONIQUES DES TERRES IMPERIALES,

LIVRE I, CHAPITRE 2 :

LA CRISE DE L'EMPIRE

  • Contexte :

Les représentants des états des Terres Impériales sont de nouveau conviés à Concordia afin de définir et signer le traité d’Alliance convenu lors de la précédente Assemblée des peuples et promis par le nouveau régent, Scipion, lors de son discours d’investiture. Grâce à ce traité, dont les clauses exactes restent à définir, les nations composant l’Empire deviendraient des états alliés et non plus des états clients.

Mais Scipion connaît de grosses difficultés à faire appliquer ses réformes à cause d’une forte opposition conservatrice au Sénat. Conséquence de cette lutte politique entre réformateurs partisans de Scipion, et conservateurs, partisans du Sénat, une révolte d’esclaves a éclaté au sein du Domaine Impérial et s’est propagé dans d’autres nations, à cause de la promesse faite par Scipion d’abolir l’esclavage, promesse qui pour l’instant est non appliquée à cause de l’opposition des conservateurs.

Autre source d’agitation, la tension demeure vive à la frontière nord de Tyrandia entre les troupes du Lord Protecteur et les colons rothgariens.

  • Evénements rapportés par Poquière De Bellabre, Prévôt des Cantons :

Salut les nains !

Je m’en vais vous conter les évènements qui se déroulèrent à Concordia, sur la terre de nos chers Cantons, lors de la dernière assemblée des représentants des peuples. En tant que prévôt des Cantons, j’ai été chargé d’assurer la sécurité des délégations et l’ordre durant ces trois jours de réunions.

Les différentes ambassades arrivèrent à Concordia tout au long de la journée de vendredi, et prirent possession de leurs quartiers respectifs. Le temps était à la pluie et le froid glaçait chacun, du plus haut baron, au plus petit serviteur. Pour souhaiter la bienvenue aux différentes délégations, le régent, Scipion, offrit un banquet pour réchauffer tout ce beau monde. Il permit à chaque ambassade de venir exposer ses requêtes, en privé, avant l’assemblée proprement dite qui se tiendrait le lendemain matin. Pour plus de facilité, trois représentants par nation seulement furent autorisés à participer à l’assemblée, chose qui en fâcha plus d’un... Cette nuit fût notamment marquée par des attaques d’esclaves révoltés, qui étaient parvenus à pénétrer dans le territoire des Cantons, et à passer les mailles étroites du filet tendu par mes hommes. Ces esclaves furent repoussés, et chacun pût rallier son camp pour s’y réchauffer dans cette nuit glaciale et humide. Déjà de nombreuses rumeurs circulaient dans Concordia : une bête maléfique rôderait dans les environs ; de l’or falsifié serait mis en circulation à partir des Cantons...

Le lendemain matin, la pluie perdurait toujours, mais chacun avait bon espoir de voir ses demandes satisfaites à cette assemblée et l’ambiance était plutôt bonne, à la satisfaction de Scipion. Mais un évènement fort grave se déroula à Concordia : le sénateur venu représenté le Sénat du Domaine Impérial fut assassiné froidement devant la taverne. L’assassin fut massacré dans le tumulte qui suivit et ne put donc parler quant aux motifs de ce meurtre.

C’est alors qu’arriva Antigonos, le général d’une armée d’esclaves révoltés : ceux-ci n’étaient pas d’anciens paysans, mais de solides gladiateurs, des hommes qui savaient manier les armes, et qui suivaient Antigonos avec une fidélité à toute épreuve. Cet homme vint parler à Scipion, et fut inviter à prendre place dans l’assemblée des représentants où il serait discuté de la décision à prendre envers son armée. La combattre aurait été suicidaire, et Scipion le savait bien. De plus, les seigneurs elkardiens apportaient leur soutien à Antigonos et étaient prêt à lui faire confiance. L’armée d’Antigonos fut finalement intégrée dans les légions impériales, et on créa donc la 10e légion Antigoneia composée à la fois d’anciens esclaves, et de légionnaires sous l’autorité du général Antigonos, passé au service de l’empire, et de Scipion. Naturellement, les conservateurs, inquisiteur, paladins et Tyrandiens furent contre cette décision, mais ils ne purent s’opposer à la majorité du conseil.

Les requêtes de toutes les nations entendues, il fallut ensuite parler de la grave crise engendrée par les promesses d’une abolition de l’esclavage, du sort du nord de l’île de Tyrandia, et de l’attitude à avoir avec les puissantes forces conservatrices du Domaine Impérial, qui refusaient le traité d’alliance proposé par Scipion. Ce dernier voulait, en effet, établir un traité qui ferait de l’empire, non plus un ensemble d’états vassaux à l’empereur, mais une vaste coalition d’états alliés au Domaine Impérial.

Durant cette assemblée, il fut également question du port de la cape léopard par le régent, au sujet de laquelle, à l’unanimité, les représentants ont voté pour son maintien sur les épaules de Scipion. Je dois avouer que j’en rêve également et j’hésite à m’en faire fabriquer une pour affirmer mon autorité de prévôt.

Le cas Tyrandia fut bien plus complexe à gérer : la dernière ambassade envoyée à Concordia avait disparu, et les nouveaux députés, accompagnés d’une solide escorte, voulaient en savoir plus. Leur enquête rencontra de nombreuses difficultés, les langues étant parfois difficiles à délier. De plus, les députés tyrandiens s’opposaient fermement au traité d’alliance proposé par Scipion, et prenaient systématiquement le parti du Sénat conservateur bloquant ainsi toute possibilité de discussion.

Durant l’après-midi, une autre armée d’esclaves, mais cette fois des paysans désorganisés pour la plupart, arriva à Concordia. Elle était divisée en deux, et, à la hâte, un conseil de guerre fut tenu pour organiser la défense. Les forces de Concordia se divisèrent en deux troupes, une au nord, l’autre au sud, et marchèrent vaillamment à la rencontre des leurs ennemis. La victoire fut totale, et les révoltés furent écrasés sans coup férir, sous une pluie battante et glaciale.

Alors que chacun pansait ses blessures et réparait ses armes et ses pièces d’armures, un homme vint m’alerter au sujet d’une bête gigantesque qui approchait de Concordia. Le temps de m’armer, et de me rendre sur les lieux, l’étrange créature était déjà sur le point de quitter le village, certainement à l’annonce de mon arrivée imminente. Je n’avait jamais vu pareille créature dans les Cantons : des pattes aussi longues qu’un arbre, un corps rouge recouvert d’une carapace épaisse, et une puissance magique hors du commun, capable de tenir à distance ses ennemis. Nous ne parvinrent pas à en savoir plus, mais je compte bien éclaircir cette affaire au plus vite !

En fin d’après-midi, je fus averti par mes amis des Cités Libres, que des membres d’une délégation de leur pays seraient en réalité de dangereux brigands. Comme à mon habitude en pareille circonstance, je mena une enquête serrée et approfondie, je rassembla des preuves, procéda à l’arrestation et au jugement de ces personnages. Des témoins furent entendus, mais, face au manque de preuves concrètes, et au témoignage de personnalités reconnues par Scipion lui-même comme dignes de confiance, je remis en liberté les accusés. Ceux-ci, qui étaient manifestement de bons marchands, durent néanmoins, en échange de leur liberté, venir s’établir dans les Cantons et en devenir citoyen. Ce qu’ils firent avec joie !

En début de soirée, alors que chacun s’apprêtait à passer à table, la délégation elkardienne vint provoquer l’ambassade tyrandienne, pour un combat dans le but de régler une bonne fois pour toute, les oppositions entre Tyrandia et Elkard. La bataille fut rude, au cœur même du village, les morts tyrandiens furent nombreux ; le tout au son des cornemuses, et sous ma surveillance : je tenais à ce que le combat ne s’étendisse pas dans l’ensemble du village. Finalement, les Tyrandiens furent vaincus, et la guerre déclarée entre Elkard et Tyrandia.

Le soir même, nous fêtions mon anniversaire à la taverne « A la vieille outre », où chacun fut invité à festoyer et à banqueter. Malheureusement, je n’ai eu guère de cadeaux, si ce n’est quelques danseuses « volontaires et professionnelles » trouvées ça et là dans les environs de Concordia. Quelques mariages entre mes sous sous fifres, sous fifres et autres fifres et ces donzelles furent organisés et chapeauté par moi-même, pour la plus grande gloire de la milice des Cantons.

Durant cette fête, nous fûmes troublé par une étrange nouvelle : une malédiction serait en train de s’abattre sur nous : la Malédiction de la Blairière ! Tout à commencé lorsqu’un de mes sous fifres, ayant bu un verre de trop à la taverne durant la froide première nuit à Concordia, fut ensorcelé par un enchanteur fort étrange. Mon sous fifre, Heune, ne prêta guère attention à cet évènement et alla se coucher tranquillement à la caserne des sous fifres comme il se doit. Le lendemain matin, au réveil, il fut pris de crises étranges : durant quelques instants, il saisissait une cuillère en bois, et se mettait à farfouiller partout en poussant de petits cris stridents, et en posant des questions absurdes du genre : mais kékessé ? Hein ? Mais dites-moi ! Concernant ? Tsss… Ces accès ne duraient pas très longtemps au début, mais s’accrurent en durée et en nombre au fil de la journée. A la nuit tombée, Heune saisit une pierre et hypnotisa, puis contamina d’autres personnes de la malédiction. J’avoue que je suis du lot ainsi que la plupart des fifres et sous fifres présents. Je ne sais comment me débarrasser de cette malédiction qui bouffe peu à peu ma vie mais j’espère bien le découvrir bientôt. A ce propos, Heune est devenu pratiquement une blairière à l’heure actuelle, et seul le Nain-bis, en honorant le dieu Dismo chaque semaine parvient à lui faire reprendre ses esprits pour quelques instants.

Le lendemain matin, comme prévu, eut lieu le mariage de notre régent Scipion, avec la fille de notre bien aimé et regretté Dringlas XIII. Celle-ci dut prouver son identité devant les membres de l’assemblée qui refusaient d’y croire : j’intervins pour prouver qu’elle était bien sa fille. Je me souviens parfaitement de l’allure de notre défunt empereur : élancé avec ses 1 mètre 55 et ses 80 kilos, un regard clair avec des yeux noirs ! Elle est sa reproduction exacte en fille ! Maintenant que les doutes étaient envolés, on put procéder à ce mariage qui se déroula parfaitement bien jusqu’au terrible accident qui fit la une des gazettes jusqu’à récemment : une bombe explosa aux pieds de Scipion à la sortie de la chapelle où il venait de se marier. Le malheureux faillit bien ne jamais connaître l’amour ! Mais les soins prodigués avec célérité par son entourage, tout autant que la protection des Dieux, firent qu’il fut remis sur pied en moins de temps qu’il faut pour le dire ! Tant mieux car il avait encore fort à faire avant la fin de l’assemblée.

Il était désormais clair que l’assemblée des représentants allait voter, à l’écrasante majorité, pour le traité proposé par Scipion et contre les conservateurs, et donc contre le Sénat. Ce dernier avait pris la précaution de faire avancer une armée près de Concordia pour, le cas échéant, intervenir et faire revenir dans le droit chemin les délégations. Mais celles-ci décidèrent de ne pas céder à la menace et firent front commun contre les conservateurs. L’inquisiteur et ses paladins quittèrent Concordia pour éviter d’être pris à parti et rentrèrent à Nerel. Quant à l’armée conservatrice, devant le refus de l’assemblée de revenir sur sa décision, elle marcha sur Concordia. La bataille fut rude, et dura une bonne heure. Mais finalement ce furent les défenseurs de Concordia qui eurent raison de leurs ennemis, et qui repoussèrent l’armée du Sénat. La réforme de l’Empire voulut par Scipion était donc en marche et rien ne parvint à s’y opposer. La guerre civile était donc déclarée entre les réformateurs, derrière Scipion et les conservateurs, derrière le Sénat.

Après la bataille, chacun put rentrer dans son camp pour s’y reposer et se faire soigner avant de quitter Concordia et de revenir dans son pays.

J’ai assisté à tous ces évènements en tant que représentant des Cantons et de la justice à Concordia. Je n’étais pas fâcher de voir partir tout ces gens qui, à chaque assemblée, n’apportent que troubles et destructions dans les Cantons !

  • Témoignage supplémentaire par Caius Silius Erastène, Légat impérial :

Afin que tous les Hommes, du simple citoyen au plus haut dignitaire, aient une connaissance exacte des faits qui se déroulèrent lors de la dernière Assemblée des peuples, je souhaite compléter le témoignage de Poquières de Bellabre, Prévôt des Cantons, qui a omis, sans doute sous l’effet de la boisson, un certain nombre d’informations.

Pour commencer, si j’ai moi même levé les cohortes qui devaient protéger Concordia, et ce au nom du Sénat, c’est par ce que ce dernier avait été dissolu par Scipion et son Alliance. Ceci étant une atteinte à l’Unité de l’Empire et à la Concorde civique, je fus contraint d’agir ainsi et de me rallier au Sénat conservateur.

En ce qui concerne l’alchimiste faussaire d’or et ses effrayantes créatures rouges, semble t il des démons possédant les pouvoirs de Zillah que l’alchimiste avait réussi à « apprivoiser » grâce à diverses merveilles alchimiques, l’alchimiste fut arrêté et emprisonner dans les geôles de Scipion. Quant aux créatures, elles ont été chassées grâce à un rituel commun, mains dans la main, des prêtres des trois religions, symbole naïf de la concorde religieuse instaurée par les trois Masques.

Effectivement, chose peut être insignifiante pour un mercenaire alcoolique tel Sir Poquières, la création des trois Masques est une décision importante, car elle reconnaît les trois religions comme institutions officielles dotées chacune d’un représentant légal, mettant un terme au monopole de l’Eglise de la Loi.

Enfin, cette belliqueuse Alliance a déclarée la guerre à la République de Tyrandia et a entrepris de marcher sur Nérel, capital de l’Empire, afin d’en déloger le Sénat.

L’Unité et la Justice sont menacées, l’Ordre et la Lumière vacillent, la Concorde et l’Harmonie sont bafouées. Puissent les Dieux nous aider en ces temps troublés et la paix être réinstaurée au plus vite, car aux frontières la menace Ranark n’est qu’endormie et parmi nous les prêtres du Chaos les plus extrêmes progressent. Dans l’ombre, ceux-la rient de nos guerres inutiles.

 

Livre I Chapitre 1
Livre I Chapitre 3
Prologue Livre II Chapitre 1
Livre II Chapitre 1
Prologue Livre II Chapitre 2
Livre II Chapitre 2

 
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