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CHRONIQUES DES TERRES IMPERIALES, LIVRE I, CHAPITRE 1 : LA REGENCE DE ZARKOS
Le très grand Empereur Dringlas XIII le Sage, qui tout au long de son règne de paix avait maintenu l'Unité, l'Ordre et l'Harmonie au sein de l'Empire, était mort avec pour seul héritier un fils de six ans, Dringlas XIV. Tout cela profita à un homme, Q. Mochus Zarkos, cousin de Dringlas, qui fut proclamé Régent par le Sénat. Ainsi arrivé au pouvoir, Zarkos et ses Paladins, commandés par le chevalier Fraerick, mirent en pratique leur politique intransigeante et arrogante envers les peuples de l'Empire; et, peu à peu, toutes les nations refusèrent, plus ou moins officiellement, de renouveler leur serment de fidélité. Le Lord Protecteur de Tyrandia, le Roi d'Elkard et les tribus du Rothgar déclarèrent ne pas reconnaître l'autorité du Régent, mais rester fidèles à l'Empire. La guerre entre Tyrandia et Elkard, qui avait éclaté après la chute de la monarchie tyrandienne au profit de la République, reprit indirectement. Elkard finança une flotte de pirates, qui, aidée par des marins rothgariens, pillèrent sans relâche les navires tyrandiens, mais aussi quelques vaisseaux des Cités Libres ou du Domaine Impérial. Le Régent souhaitait, lors de cette réunion, sceller une nouvelle alliance, qui restaurerait son autorité contre les Ranarks, responsable selon lui de tous les maux de l'Empire. Mais les représentants des peuples avaient tous d'autres préoccupations et revendications. Elkard souhaitait que son statut dans l'Empire soit modifié. De royaume client, Elkard prétendait devenir un royaume allié. De plus, les Elkardiens avaient sans doute l'intention d'appuyer toutes les décisions hostiles à la jeune République de Tyrandia. A ce sujet, les tribus de Rothgar avaient bien entendu des revendications contraires, et exigées que ces terres leurs soient rendues. La situation était donc fort compliquée et, en plus de ces troubles politiques, venaient s'ajouter des troubles religieux, les deux domaines étant dans notre Empire étroitement liés. Dans ce contexte, le seul espoir pour le Régent était de rassembler les peuples autour de la menace Ranark, menace que ses détracteurs disaient n'être qu'un simple instrument politique.
Le premier soir, quasiment tous les représentants étaient arrivés avant la tombée de la nuit. Une foule bigarrée et métissée, reflet de la grandeur et de la richesse humaine de notre Empire, prit position dans les antiques constructions de pierre de Concordia. Rapidement, la multitude se rassembla devant la taverne afin d'assister, et peut-être miser, aux combats de gladiateurs, gracieusement offerts par les princes marchands des Cités Libres. Le lendemain matin, ce ne fut pas l'étrange créature qui alimentait toutes les discussions, qui semble-t'il cherchait plus aide que querelle, mais la présence des Ranarks. Effectivement, ces diverses attaques légitimaient le programme du Régent et la nécessité de s'unir contre les monstrueux Ranarks. Tout ceci devait permettre à Zarkos de réinstaurer son autorité; cependant, vers la fin de la matinée, on apprit officiellement la disparition de ce dernier, sans doute victime d'un de ses nombreux ennemis politiques, ou de Ranarks, porteurs de Discorde. Très rapidement, les tractations diplomatiques s'organisèrent afin de déterminer qui serait Régent et aurait, par conséquent, la lourde tâche de lutter contre les Ranarks. Trop rapidement même, car sans attendre l'autorisation des autorités compétentes, à savoir le légat impérial, et l’intronisation rituelle, les représentants des Peuples élirent leur nouveau Régent, Scipion. Le reste de l'après midi fut perturbé par de multiples attaques Ranarks, par quelques escarmouches entre les pirates Elkardiens et les Tyrandiens, mais aussi par l'enquête très vigoureuse de l'inquisiteur, magistrature créée par Zarkos ayant pour mission de traquer les infidèles à l'Empire, aidé par Fraerick et ses Porteurs de Lumière. Ceci entraîna quelques tensions, notamment entre tendances idéologiques. Scipion voulu rappeler à l'ordre l'inquisiteur, mais ce dernier, de part sa fonction, disposait d'une grande autonomie dans cette affaire. Les Porteurs des Lumière continuèrent donc leurs investigations et malmenèrent quelques malheureux, quasiment tous des adeptes du Chaos, jusqu'à qu'un seigneur elkardien, Kirn l'Obscur, et Scipion eurent démasqués Fraerick. Le capitaine des gardes impériaux, éminent partisan des Porteurs de Lumière, se révéla être un Ranark. Cette découverte expliquait la politique incohérente de Zarkos, Fraerick étant un de ses plus proches conseillers, mais aussi le but des multiples attaques Ranarks. Prélude au grand banquet offert pour célébrer la Concorde dans l'Empire, un mariage devait avoir lieu entre une fille issue de l'aristocratie impériale et un officier tyrandien, afin de sceller la réconciliation entre l'Empire et Tyrandia. Mais le mariage fut perturbé par l'arrivée, très remarquée, du Comte Avan Asdrack, représentant du royaume d'Elkard, et sa suite, impressionnante tout en armes, dignes reflets de cette puissante noblesse guerrière. Qui plus est, le mariage finit par passer inaperçu à cause des multiples noces organisées par les Elkardiens, et je ne peux vous certifier qu'il se soit déroulé dans le respect des rites et du protocole impérial. Toutefois, la fête ne fut pas très animée, l'assistance étant visiblement très préoccupée par le problème Ranark. Et ce fort justement, car toute la nuit des troupes sauvages prirent d'assaut le village, tentant de libérer Fraerick et massacrant tout sur leur passage. Le reste de la soirée se passa au rythme des assauts Ranarks. Au matin, le calme était revenu et les représentants des Peuples pleuraient leurs morts pour certains, glorifiaient leur résistance pour d’autres. Leur haine envers les Ranarks ainsi ravivée, ils se montrèrent inflexibles envers Fraerick, qui fut sommairement exécuté. Puis eu lieu l’événement sans doute le plus important pour l’avenir de notre Empire, l’élection du nouveau Régent. A l’unanimité, les représentants des Peuples, le chevalier Narsil de Stromgald d’Elkard, Zezen des Cités Libres, Hida Kuon de la Confédération, le Prévôt des Cantons et Dalkana de Rothgar, nommèrent Scipion. Ce dernier indiqua clairement dans son discours sa pensée réformatrice et sa volonté d’en finir avec la politique de Zarkos. Il ne manquait plus que la cérémonie d’investiture, avec les rites civiques et religieux appropriés, pour que l’Assemblée des peuples fut achevée. Mais cette cérémonie fut interrompue par une attaque importante de Ranarks, qui souhaitaient sans doute créer la Discorde en mettant à mort le nouveau Régent et son Conseil. Après une lutte acharnée, la bataille de Concordia fut remportée par la toute nouvelle Alliance Impériale. On apprit par la suite que des galères Ranarks accostèrent sur les rivages des Cantons, mais les infâmes furent repoussés à la mer par une armée impériale. La Concorde en grande partie restaurée et la menace Ranark semble-t’il écartée, l’Empire peut redevenir ce que jamais il n’aurait dût cessé d’être, Eternel et Universel, pour l’Unité, l’Ordre et l’Harmonie des Peuples. Il ne reste plus qu’à mettre par écrit toutes les promesses, toutes les décisions prisent lors de cette Assemblée, afin qu’elles aient force de Loi. Ceci doit être fait et les décrets confirmés par les représentants des Peuples d’ici quelques mois, lors d’une nouvelle Assemblée à Concordia. Ainsi ai-je rapporté ces événements, aussi fidèlement que possible, tels qu’ils m’ont été contés par des témoins de qualité, ou tels que j’ai pu moi même y assister et y prendre part, moi, C. Silius Erastène, Légat de Notre Maitre l’Empereur Dringlas XIV fils du divin Dringlas XIII le Sage.
Livre I Chapitre 2 |
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